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Avec Te mana o te moana la tortue gagne la course

20avr

Vous vous baladez à Moorea en Polynésie Française et en passant à l’hôtel du Méridien vous vous dites que les tortues du lagon attenant ne sont pas en grande forme? Vous avez raison. Une clinique des tortues y a été créée en 2004 afin de pouvoir récupérer et soigner ces animaux blessés si souvent trouvés par les Polynésiens.

Aidé par le ministère de l’environnement car l’on parle d’une espèce protégée, Te mana o te moana, employant aujourd’hui trois salariés, est à l’initiative de ce projet. Ce centre est le guérisseur des tortues en mal de soins qui les garde aussi longtemps que nécessaire dans un lagon structuré mais naturel pour un retour à la mer facilité. L’association a reçu plus de 200 tortues depuis son ouverture, parmi elles 62 ont été relâchées avec succès.

L’emplacement prêté par le groupe hôtelier Intercontinental, héberge les locaux de Te mana o te moana ainsi qu’une salle de classe pour sensibiliser les enfants Polynésiens à la protection du milieu marin. Cette pédagogie de terrain connait une forte demande des enseignants, l’association fait salle comble toute l’année. Elle a déjà pu sensibiliser 30 000 enfants et tâche de faire prendre conscience aux touristes et à la population locale l’importance de ces petits gestes quotidiens qui semblent parfois anodins mais qui peuvent sauver des espèces et leur environnement.

L’association peut accueillir jusqu’à 40 tortues supérieures à 100 cm. Selon la gravité de leur cas elles passent en moyenne entre 4 mois et un an dans la clinique. Il y a une plus grande possibilité d’accueil pour les petites tortues récupérées mourantes au fond des nids, déformées ou trop faibles pour rejoindre la vie sauvage. Deux tortues imbriquées ne seront quant à elles jamais relâchées. Stabilisées, elles sont dans l’impossibilité de survivre par elles-même. L’une a moins de 10 ans et est aveugle. Elle a été blessée par flèches aux deux yeux par des pêcheurs et ne peut plus s’orienter ni s’alimenter seule. L’autre est âgée et a des troubles neurologiques qui ne lui permettent pas d’être indépendante.

La recherche est une autre activité importante de l’association. Il y a plusieurs moyens de connaître le mode de vie de l’espèce et de les suivre pour mieux le comprendre. Le premier est sophistiqué, c’est le marquage balise satellite que l’on clipse à la carapace de la tortue. Il émet en temps réel la position GPS de l’animal. Le coût d’un suivi représente entre 4000€ et 5000€. C’est un système que l’on ne pourrait pas utiliser sur des raies car il faut que l’animal monte à la surface afin de respirer pour pouvoir émettre. Le test a été fait par l’association sur 4 tortues en phase de ponte. Cette étape est importante pour elle car cela va permettre de confirmer que la tortue se dirige vers la nouvelle Calédonie, Fidji, … après la ponte. Ce qui impliquerait le besoin d’une protection régionale et non territoriale ou nationale. La photo identification, plus simple, est un autre moyen utilisé pour suivre les tortues résidentes des îles, notamment les tortues imbriquées.

En conséquence d’un gouvernement instable ces dernières années en Polynésie, l’association se tourne vers des institutions privées pour bénéficier d’aides à la recherche. Un soutien financier a, entre autre, permis l’embauche d’un jeune polynésien d’un milieu défavorisé à la formation aux soins des tortues.

Le site clinique est ouvert à tous et il y est courant d’assister aux soins des tortues. La prévention n’a pas de répit pour Te mana o te moana! Ne vous hâtez pas à la baignade, il va de soit que pour le bien être de l’animal, il est interdit de les rejoindre mais rassurez vous, la plage n’est pas bien loin.

Comme dit la fable, rien ne sert de courir; il faut partir à point.

 

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