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La marginalisation d’un art

16déc

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Avec une histoire très riche, cet art millénaire est devenu un art marginal en Occident, Nazca Cultural Skin mène l’enquête et tente de comprendre pourquoi.

Une confrontation idéologique ?

Comme nous l’avons vu dans le précédent article, de nombreuses populations utilisaient le tattoo comme art symbolique mais vers 400 avant J-C les romains vouaient un culte au corps incompatible au concept du tatouage. Le corps était respecté et l’on tendait à la perfection esthétique.

Il est facile de le remarquer dans les statues de l’époque. Imaginez une statue romaine au corps parfaitement ferme et musclé recouvert d’un drapé que l’on devine doux et soyeux… aux bras tatoués!

Les romains considéraient que marquer le corps le rendait impure. Ils réservaient donc ce rituel aux criminels jusqu’à l’élargissement de l’empire où le tatouage a été adopté par les légionnaires romains combattant hors des frontières. Ils l’utilisaient lors de leurs combats mais leurs motivations restent mystérieuses… pratique individuelle, identification, respect ou compassion envers les peuples visés qui le pratiquaient, … ? Quoi qu’il en soit ils importent le tatouage à leur retour à Rome et le commercialise. Bidibam bidiboum, les outils des médecins se transforment en outils de tatouage et les médecins deviennent artistes.

Croyance religieuse ?

Constantin, empereur romain en 300 après J-C déclare l’importance d’être à l’image de dieu créateur et ainsi de préserver son corps du tatouage. Au IV ème siècle cette pratique avait presque disparue d’Europe.

Le tatouage a continué d’être marginalisé par l’église chrétienne à travers le monde via ses missionnaires en étant interdit par le pape Adrien 1er en 789 ap JC pour les mêmes raisons évoquées par Constantin mais aussi par l’empire romain 1000 ans plus tôt ; le respect de la pureté du corps.

Les missionnaires ont poursuivis l’interdiction du tatouage. Au 18 ème siècle en Polynésie française il a été interdit à partir des années 1760, pour ne réapparaître que dans les années 1980. Attachée à son rituel corporel, l’archipel en sera privée 220 ans environs.

Après des siècles de valorisation du corps par cet art, la marginalisation l’a emporté. Il est certain que cet héritage nous a été légué et que nous n’en sommes pas sorti en 2010. Doit-on s’attendre à un changement à l’avenir?

Que pensez vous de la place du tatouage dans la société d’aujourd’hui ?