
Manta Polynesia est une association polynésienne, vous l’aurez deviné, créée en juin 2004, suite à une forte croissance touristique non régulée à Bora Bora.
Leur mission principale est de préserver le lagon Anau afin de créer une aire marine protégée pour les raies manta. Cela passe par l’observation de l’animal et la surveillance du lagon.
Quand on voit la beauté et la richesse de ce petit joyau bleu, on leur dit merci !
C’est un site exceptionnel, facile d’accès où l’on peut voir les raies manta toute l’année. Il est simple de les y observer, une aubaine, car l’observation en milieu naturel demeure compliquée.
Manta Polynesia édite des brochures de sensibilisation à destination des touristes pas toujours écolos, des locaux qui pensent parfois que les piles se recyclent sur la plage mais aussi auprès des voiliers qui jettent bien trop souvent leurs poubelles dans le lagon!
L’association a créé une patrouille lagonaire qui tourne 3 jours par semaine à bord d’un zodiaque.
Deux moussaillons polynésiens trilingues parlent tahitien, français et anglais.
Les raies manta apprécient ce site parce que le fond corallien abrite des labres nettoyeurs qui entrent dans leur bouche et branchies dans le but d’enlever les parasites se trouvant sur leur corps. Ce ballet de va et vient peut durer une heure, c’est un habitat fondamental pour l’animal.
De juin à novembre les raies manta se regroupent et se reproduisent. Puis les mâles tournent autour des femelles enceintes pour les protéger, c’est une période cruciale de l’année.
Pourtant en juin 2005, l’impact de la croissance touristique s’est fait sentir, les raies manta ont déserté le site dans l’indifférence générale.
Elles ne sont revenues qu’en 2007 mais pour bien peu de temps puisque une construction d’hôtel à coup de marteau piqueur a entrainé de fortes répercussions sonores sous l’eau. On les attendra encore deux années après ce nouvel épisode malheureux.
L’association a réuni les prestataires lagonaires de « la perle du pacifique » autour d’une charte de bonne conduite afin de réduire la pression humaine des années précédentes (surfeurs, voiliers, plongeurs, …). L’exploitation commerciale du site se fera désormais sous quelques conditions.
Les quatre centres de plongée de Bora Bora doivent se répartir des tranches horaires dans la matinée pour éviter l’influence sous l’eau. Ils sont autorisés à un bateau par centre pouvant avoir à bord deux groupes de plongeurs (maximum cinq par groupe).
Autre règle d’or, les plongeurs ne doivent pas interagir avec les manta. Ils doivent rester en surface pour ne pas les effrayer. Les surfeurs, quant à eux, ne peuvent pas rester plus d’une demie heure.
D’après l’association Manta Polynesia, les différents archipels ne prennent pas assez en considération leur faune et leur flore. Le tourisme étant la résultante d’un environnement paradisiaque, ils mériteraient d’après elle, une protection plus conséquente : « pour faire de l’environnement ici, il faut faire du marketing environnemental, leur faire comprendre que protéger un site peut rapporter de l’argent».
Pour faire réagir ses politiques, l’association a organisé la première conférence internationale sur les raies manta en Polynésie au mois de juin 2010. Six scientifiques internationaux spécialisés dans cette espèce et travaillant dans des zones géographiques où elles sont exploitées d’un point de vue touristique tout comme en Polynésie, ont été invités.
Lors de cette conférence, quatre jours on été consacrés à l’observation de la manta sur site de façon à sensibiliser les publics présents. Une très belle action!
Manta Polynesia a un souhait celui que la Polynésie ait un gouvernement plus stable qui se tourne enfin vers ses priorités : l’environnement. On souhaite qu’il soit exhaucer.